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Le projet

A Lyon: « Sortir de ses impensables »

Nous faisons étape à Lyon où nous retrouvons nos amis, Claire et Martin, fraîchement mariés et installés dans la capitale des Gaules. Fred est amoureux de cette ville, que nous sillonons à pied et à vélo. Nous avons également la joie d’y retrouver Joëlle et Marc, de Fondacio, en escale lyonnaise pour visiter leur fils Albéric. Pour rejoindre les locaux de RCF, nous grimpons sur la colline de Fourvière, première des nombreuses ascensions qui s’annoncent dans les prochains mois.

Mardi 18 octobre, nous rencontrons le père Vincent Feroldi, responsable du dialogue avec l’islam pour le diocèse de Lyon et aumônier de prison. Rien de mieux qu’un petit café et une bonne bière pour se rencontrer et échanger !

Docteur en histoire, le Père Vincent est l’ancien secrétaire général du GRIC (Groupe de Recherches Islamo-Chrétien, qui comprend des universitaires chrétiens et musulmans se réunissant à Barcelone, Beyrouth, Rabat, Tunis et Paris). Son premier contact avec le monde musulman fut l’alphabétisation d’ouvriers algériens. Parti ensuite au Maroc, il sympathise avec le peuple berbère.

Pour le père Vincent, aller à la rencontre de croyants d’autres religions, c’est « sortir de ses impensables »! Impensable que l’autre puisse détenir une part de la vérité. Impensable que nous ne détenions pas toute la vérité. « A Assise, en 1986, Jean-Paul II a posé un geste prophétique. Un geste impensable pour beaucoup. » A commencer par son ami Josef Ratzinger. Le père Vincent nous partage sa vision du cheminement de Benoît XVI depuis Ratisbonne1. Le pape a vécu un véritable chemin de conversion pour pouvoir proposer la rencontre du 27 octobre à Assise. Il est lui-même sorti de ses impensables. Un chemin de conversion à sa propre foi emmprunté par François d’Assise lui-même lorsqu’il accompagne les croisés et traverse les lignes ennemies pour convertir le sultan. Partant convertir, il est revenu ayant dialoguer, ayant vécu un échange intime à propos du coeur de sa vie et de celle de son interlocuteur : la foi. Ce qu’a vécu Benoît XVI à Istanbul, quelques mois après Ratisbonne, est du même ordre. A la mosquée bleue, alors que ce geste n’était pas prévu, il s’est mis à prier… C’est à partir de cette prière que le regard de Benoît XVI a changé sur le dialogue interreligieux. Alors qu’il avait dissous le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, il rappelle le cardinal Tauran et recrée le dit Conseil.

« Dieu conjugue au pluriel »

Nous sommes interpellés par ces quelques éléments qu’il nous partage : « Dieu conjugue au pluriel ! Le pluralisme religieux est voulu par Dieu, à la suite de la tour de Babel… »

Nous posons au P. Vincent la question: qu’avez-vous à dire à vos contemporains à propos du dialogue interreligieux ? « On peut s’enrichir mutuellement. Laissez-vous enrichir de la foi de l’autre tout en étant enraciné dans votre foi. Dialoguer, c’est ajuster en permanence qui nous sommes. Ce n’est pas renoncer à nos identités. C’est notre identité qui s’ajuste. Ratisbonne a obligé les musulmans à se positionner.2 Une ‘connerie fondamentale’ a permis de faire avancer les choses. »

 

1. Le 12 septembre 2006, Benoît XVI entame un discours sur les rapports entre la religion et la violence, pour faire une condamnation claire et motivée de la violence exercée au nom de la religion. Une citation du discours déclenche de vives réactions politiques et religieuses dans le monde, majoritairement négative dans les pays musulmans.
2. Un mois après le discours de Ratisbonne, 38 personnalités musulmanes écrivent une lettre ouverte au pape, dans l’objectif de « parvenir à une compréhension mutuelle »». Cette initiative est élargie, un an plus tard, avec une nouvelle lettre intitulée Une parole commune entre vous et nous et signée de 138 personnalités issues de 43 pays. Le texte de la lettre a été discuté et mis au point en septembre 2007 au cours d’un congrès parrainé par le roi Abdallah II de Jordanie. Elle est centrée sur le double commandement de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain : « Conformément au Coran nous, en tant que musulmans, invitons les chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun, et qui constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique: les deux commandements de l’amour. ».
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