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Une pompe à essence sur la route des migrants

Rencontre et Développement est une association interreligieuse au service des migrants. Ses membres sont protestants, catholiques et musulmans. Depuis 1974, elle propose une aide à destination du peuple sarhaoui, puis s’est naturellement tournée vers les réfugiés et migrants subsahariens, et les Algériens de retour d’Europe.

Lorsqu’il se lève pour vous saluer, Jan Heuft déploie lentement sa grande carcasse à toucher les étoiles. Le maître des lieux semble bien trop grand pour les locaux de l’association qu’il dirige, deux pièces séparées sommairement par une palissade de bois bricolée. C’est ici que chaque jour, 10 à 20 africains subsahariens viennent solliciter une aide, qui pour la scolarisation d’un enfant, qui pour un papier administratif, qui pour un soin médical.

Ici, point de défaitisme ou de morosité. Jan partage sa bonhommie avec Hamid, Sihem et Rym, les trois jeunes algérois et Donang, réfugié tchadien, qui travaillent avec lui. A l’accueil, Donang couche sur son grand cahier le nom et la raison de la venue de chaque visiteur. Ce sont souvent des problèmes quotidiens qu’il faut gérer : démarches administratives, service médical, etc.

Migrants et accueillants à l'association Rencontre et Développement.

Depuis 2007, Rencontre et Développement se fait le relais terrain du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) avec qui l’association travaille main dans la main. Parmi les autres partenaires, le Secours catholique permet à l’association de scolariser 25 enfants de migrants dans des écoles privées (il est impossible de les scolariser dans le public). Ainsi la fille de Laurence, réfugiée congolaise, peut aller à l’école. Née à Tamanrasset, l’enfant a la nationalité algérienne et Laurence vient ce jour pour une aide administrative.

Rym fait aussi avec Jan souvent le tour des migrants hospitalisés. L’association intervient au plan médical pour que les réfugiés et les clandestins puissent avoir accès au minimum de soins.

Une autre aide que fournit l’équipe est la gestion des funérailles. Ainsi, Lamine (le prénom a été changé) a perdu sa femme il y a cinq ans et elle a été enterrée ici, à Alger. Jan prend en charge personnellement les funérailles et est peut-être l’un des plus grands propriétaires algérois de caveaux…

« Nous sommes une pompe à essence sur la route de la détresse. Tant qu’il y aura de l’essence dedans, on pourra aider les gens. Nous ne pouvons pas remédier au problème de fond de la migration mais nous pouvons éviter qu’il y ait trop de casse », assure Jan.

Une façon d’aider les migrants et d’aider ceux qui le souhaitent à rentrer au pays. A l’occasion de notre passage, nous rencontrons deux Guinéens de 23 ans arrivés avec l’espoir de signer dans un club de football algérien. Le rêve n’est pas devenu réalité et ils cherchent désormais à rentrer au pays, avec l’aide de l’association. Celle-ci va financer une partie du voyage : soit en donnant au migrant de quoi acheter un billet jusqu’à Ghardaïa, dans le sud de l’Algérie, soit en l’achetant directement. Là, ils recevront là un second billet pour Adrar, et de là vers le sud-est ou le sud-ouest selon leur pays d’origine. A chaque étape, ils recevront ainsi soit de l’argent soit un billet pour aller à l’étape suivante ,et ce pour éviter que l’argent ne soit utilisé à autre chose.

Pour rendre une réinsertion plus aisée, Rencontre et Développement s’essaie au micro-crédit en subventionnant des projets au retour au pays. Cinq dossiers ont reçu une aide de 3000 euros. Au Mali, un cybercafé a pu voir le jour et au Tchad, un projet d’irrigation de terres.

Cette aide à la réinsertion, l’association le propose également aux migrants algériens de retour au pays. Elle les soutient dans la recherche d’un logement, d’une école, des soins, les accompagne dans leurs démarches administratives et leur apporte un soutien moral. Jan Heuft affirme : « Nous voulons éviter que ces gens aient recours à la mendicité. Le but est qu’ils financent eux-mêmes leur vie, pour qu’ils gardent leur dignité humaine. Nous voulons mettre des hommes debout. »

Et puisqu’une journée ne comporte que 24 heures, Jan, Hamid  et les autres s’occupent également de sourds et de malentendants…

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Discussion

Une réflexion sur “Une pompe à essence sur la route des migrants

  1. COucou les amis, c’est génial de vous lire, et j’aime beaucoup le style qui accompagne le fond. Pour info, je ne suis pas sûre que votre système d’abonnement à la news letter marche, car je suis abonnée depuis le début, mais je n’ai jamais rien reçu, et je ne suis pas la seule (il y a au moins également PA dans la même situation).
    Bises,
    Agnes

    Publié par agnes | 1 décembre 2011, 22:06

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