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Une situation harmonieuse mais un défi de communication

M. Ousseni Domba, est l’ancien directeur de la promotion de la culture de la tolérance et du genre, officine du ministère de la Promotion des Droits humains. Il a quitté son poste début septembre et travaille actuellement au ministère de la promotion féminine mais il a bien voulu revenir pour nous sur les enjeux du dialogue interreligieux pour l’état burkinabé.

« Le dialogue interreligieux au Burkina Faso se joue surtout au niveau islamo-chrétien. Plusieurs associations mènent des actions de sensibilisation, telle l’Union fraternelle des croyants (UFC). Les communautés religieuses y travaillent également : on se rend compte que lors des grandes fêtes religieuses, les représentants de l’autre religion sont présents comme signe de soutien (NDLR : ce que nous avons constaté à Dori).

L’Etat, dans le cadre de la promotion de la paix, reste vigilant mais préfère laisser la prévention sur l’interreligieux à la société civile, où beaucoup d’associations travaillent dans le sens du dialogue. Si tout se passe bien, c’est que des gens y oeuvrent.

Aujourd’hui, ça va mais demain les choses peuvent évoluer. Il faut regarder ce qui se passe ailleurs et préparer les esprits au changement. D’autant plus que nous avons dans certains petits villages, des chefs religieux qui ont adopté des comportements belliqueux. Il y a des poches où certains individus pensent que leur religion est la meilleure. Si nous n’oeuvrons pas à la sensibilisation, ces personnes qui sont deux ou trois, dans 10 ou 15 ans peuvent créer des problèmes. Le pays est vaste, et chaque communauté veut se faire voir.

Même au Burkina Faso, alors qu’il y a de plus en plus de mariages mixtes, cela peut créer des problèmes, notamment dans certains milieux musulmans.

Mais nous sommes loin d’un contexte d’affrontement comme c’est le cas au Nigeria ! A notre niveau, nous cohabitons, nous vivons en harmonie. Mais c’est un travail à faire, notamment par les associations. Nous encourageons cela afin que notre pays continue à vivre dans cette harmonie.

La difficulté du Burkina aujourd’hui est peut-être dans un manque de communication. Il n’y a par exemple pas d’ouvrage sur l’expérience burkinabée du dialogue interreligieux. »

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